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Femmes Et Logiciels Libres

Informations obtenues d’après l’expérience de femmes ayant plusieurs années de fréquentation et d’analyse de ce milieu et recommandations

Voici des informations obtenues d’après l’expérience de femmes ayant plusieurs années de fréquentation et d’analyse de ce milieu :

quel est le problème ?

1/ Le problème est très important et spécifique au libre

- Informatique et développement de logiciels propriétaires : 25% de femmes ; developpement de logiciels libres : 1% de femmes seulement ;

- Les groupes d’utilisateur de logiciels libres sont constitués à 88 à 100% d’hommes (en moyenne 94%) ;

- Il est difficile pour les femmes de s’intégrer face à des attitudes de manque d’attention, d’accueil, de considération, de relations voire parfois dignes d’une bande de vieux garçons : machisme, blagues sexistes, coupure de parole, jargon non traduit, patriarchisme, lutte de domination ;

- Souvent ces attitudes n’entravent pas les relations inter personnelles mais relèvent de comportements de groupe.
Parfois, c’est le comportement d’un ou deux individus seulement qui est en cause. Ceux-ci sont tout à fait inconscients de leur attitude offensante à l’égard des femmes. Et les autres hommes du groupe la tolèrent... Mais ces circonstances font fuir les femmes !

2/ Des difficultés psyco-sociales liées au genre :

Ce n’est pas par manque d’intérêt pour l’informatique que les femmes sont si absentes dans ce domaine. Car les difficultés qu’elles rencontrent sont variées et multiples : conditionnement genré par l’éducation (jouets, manuels scolaires, "choix" des filières d’enseignement...) et les représentations culturelles (publicité notamment), manque de temps libre (soin à apporter aux personnes et entretien de la maison...) mais, surtout, comportement de groupe trop identitaire des informaticiens (parfois à la limite de celui du gang) et, aussi, caractère très spécifique du milieu du logiciel libre :

- Comportement de groupe tendant à l’exclusion des personnes trop éloignées des caractéristiques identitaires du groupe, c’est-à-dire à 95% masculin, plutôt technicien, blanc et de classe moyenne. Les non initié-é-es ne présentant pas les mêmes attitudes et n’ayant pas adopté les codes (langage, rites, coutumes, centres d’intérets, vêtements...) et, bien évidement, n’ayant pas le genre principal (homme hétérosexuel) se sentent repoussé-e-s ;

- Problème de communication, notamment vis à vis des genres sociaux différents (problème assez courant chez les geek/geekette) ;

- Manque de savoir faire quant à l’accueil des femmes et de créations de conditions pour qu’elles se sentent à l’aise ;

- Absence de conscience de la question de genre : 90% des hommes trouvent qu’il n’y a pas de problème alors que 90% des femmes disent qu’il en existe un !

3/ Les fâcheuses conséquences de cette situation :

Les femmes se découragent et, pour la plupart d’entre elles, ne parviennent pas à s’intégrer au groupe dominant. Elles se sentent mal accueillies, quelquefois rejetées et elles fuient l’informatique après quelques tentatives infructueuses.
De fait, seuls les groupes d’informaticien-ne-s les moins fermés apparaissent ainsi accessibles aux femmes pourvu qu’elles aient déjà quelque connaissance du domaine à l’intérieur duquel elles ont pris pied pied et parviennent à jouer un rôle.

Le milieu des administrateurs / trices de svs constitue une caricature de cet effet puisqu’il demeure aujourd’hui masculin à 99,9 % !!!

Donc une femme, n’ayant pas les attitudes, codes, rites et coutumes, centres d’intérêts classiques des hommes geek, ne portant pas de t.shirt crade à image humoristique, voire pire portant des couleurs... - a peu de chance d’être accueillie par un gang de geeks peu ouvert. Cela sera encore pire si elle est non initiée et si elle est timide !!...

Pourquoi donner de l’ importance à la présence des femmes et des non techniciennes-ciens ?

Pour permettre une plus grande ouverture et une plus grande richesse apportée par la différence : un groupe qui aide à l’intégrationn des femmes, aide aussi à l’intégration des personne différentes (origine, milieu social, handicap) et donc cela permet :

- de toucher un public plus large d’utilisatrice-teur, de contributrice-teur, de développeuse/peur ;

- d’élargir le type de contribution : conceptrice/teur ; traductrice/teur ; documentaliste ; promotion ; militante/militant ;

- d’élargir la vision du libre au delà de la technique : enjeux sociaux économique, philosophique ;

- de mettre en relief les valeurs du libre : coopération, entraide, partage, liberté, accessibilité, autonomie, transparence, respect de la vie privée ;

- d’appliquer les valeurs du libre à d’autres domaines : science, musique, fêtes libres, énergie libre, troc, prix libres, entraide, échanges de savoirs, SEL ;

Les principaux obstacles à l’augmentation du libre sont non-techniques (vente liée, préjugés, habitudes, publicité) et il faut regarder au dehors de l’écriture de code. C’est pourquoi l’implication de non techniciennes/ciens est primordiale.

Recommandations :

Quelles sont les solutions ?

Les actions à envisager sont :

1/ Faire émerger une conscience du problème, de son ampleur, de ses causes et de ses effets ;

2/ Mener une politique/charte/cahier de bonnes pratiques... d’accueil et d’encouragement à l’intégration et l’implication de toute personne nouvelle et, notamment, les personnes différentes de la majorité du groupe : femmes, transexuelles, gays, lesbiennes, queers, personnes en situation de handicap et non initiés.

Il faut donc être particulièrement attentif :

- à l’accueil de toutes les nouvelles personnes surtout si elle sont culturellement ou socialement très différentes de la majorité du groupe ;
- à les mettre à l’aise,
- à être à leur écoute
- à leur permettre de se présenter,
- à leur donner la parole et à en tenir compte,
- à de leur donner les moyens de s’intégrer et de s’investir,
- à les aider trouver leur place,
- à leur donner confiance
- à mettre en valeurs leur actions, leur compétences, et à faire des compliment
- à utiliser un langage accessible, et non exclusivement masculin
- à adapter les lieu, date et horaire des manifestation à tous public (les femmes ont moins de temps et sont moins attiré par boire des coups dans un bar enfumé et de manger des pizza jusqu’a 2 heure du mat)
- à éviter les préjugés, l’ignorance, la prise de position,
- et bien évidemment à éviter toute blague sexiste, rasciste, et a avoir une attitude respectueuse des différence

On peut imaginer aussi l’attribution de personnes guide à de nouveaux et nouvelles arrivant-e-s afin de faciliter leur intégration ;

3/ Il faut favoriser la parité : à la représentation, au conseil d’administration, à la prise en charge d’activités, à la prise de parole, aux interventions dans les actions de promotion du libre, aux conférencières-ciers, ...

4/ Il faut féminiser le langage : utilisateur-trice ; contributeur-trice ; développeur-peuse, ainsi que les images et affiches

5/ Il faut promouvoir les contributions au libre autres que le développement et qui tiennent une toute aussi importante : conceptrice-teur, traductrice-teur, documentaliste, promotion militante/militant, utilisatrice-teur ;

6/ Il faut que les femmes prennent de l’assurance et prennent conscience de l’importance du rôle qu’elles ont à jouer du fait de leur différence et de leur ouverture ;

Références :

- Une des documentations les plus complètes et en français

- Gender probleme in FLOSS (Free Libre an d Open Source Software)

- HOWTO Encourage Women in Linux

-  texte de Lunar

- atelier genre lors de la rencontre "digital struggle" de l’AMP 2006 :

-  leftist techies and patriarchy

- Le féminisme et les logiciels libres sont tous deux opposés à une culture dominante forte" (Sara)



2/03/2009 - par Florence
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